mardi 3 mars 2009

"Ses prunelles d'or"




Ce poème, je l'ai écrit pour toi, joli matou que je connais bien...



"Avez-vous déjà vu, au détour d'un chemin
Leurs démarches langoureuses, leurs silhouettes agiles?
Propriétaires des lieux, voilà qui est certain!
Spectateurs silencieux de nos vies qui défilent



Ils règnent en souverains au cœur des vieilles chapelles,
Plus bas, ils se blottissent tout près de nos défunts.
Chaque jour de douces mères emplissent leurs gamelles,
D'une douceur maternelle, elles leur tendent la main.



Tapis dans leur domaine, ils observent avec soin
Le jour qui se lève et qui draine avec lui
Les vivants provisoires rongés par le chagrin
Qui rejoindront bientôt le repos infini



Je le regarde passer ; lui c'est mon ami,
Ses yeux me reconnaissent ; il se souvient du jour
Où, du fond du panier soudain il s'est enfui,
Et dans ma forteresse s'est lové pour toujours




Restez donc silencieux! Peut être vous le croiserez!
Une fin d'après midi quand le flot s' évapore,
Hors de sa cachette, il part se promener,
Et illumine le soir de ses prunelles d'or"

Lison
Mars 2008


lundi 2 mars 2009

Les complices

Passionnés ou visiteurs du père lachaise que nous sommes, chacun d' entres nous a forcément été un jour interpellé, fasciné ou bouleversé par la force des racines des grands arbres qui peuplent la nécropole.


Lison, mars 2009

Ces derniers sont omniprésents et en particulier dans les divisions les plus anciennes.


Leurs racines se répandent telles d'immenses membres tentaculaires, prennent possession des lieux, pénètrent les profondeurs de la terre pour en ressortir les bras chargés de vestiges du passé : restes de pierres tombales, vieilles couronnes fossilisées...



Certains évoquent une "nécrophagie végétale". Certes ; il peut y avoir dans cette vision une notion de gloutonnerie, quelque chose de pantagruélique, d'animal même ; comme si ces racines devenaient de véritables prédatrices carnivores prêtes à engloutir et à dévorer les reliquaires du passé.





Une autre approche de ce phénomène, plus cartésienne, peut aussi bien sûr être avancée. On peut en effet tout simplement parler du pouvoir du végétal sur le minéral ; on dit alors que "la nature reprend ses droits".



Mais ce phénomène évident ne me convient pas et surtout ne me parle pas!

Ne pourrions-nous pas plutôt l'envisager de manière plus poétique, plus symbolique, comme une union charnelle entre les deux éléments?



Au hasard de mes escapades au père lachaise, je les ai même souvent surpris tous les deux, le bois et la pierre, enlacés l'un dans l'autre, confondus presque...



Une union maternelle et protectrice est même souvent décelable. Il me semble même que certaines racines se plient en quatre parfois afin de protéger leurs âmes chéries.



Observez les bien et apprenez à les écouter, ces grands arbres aiment nous raconter :
"N'oubliez pas nos défunts ; ils sont là, toujours à nos côtés, et nous vous le démontrons!".


En effet, en soulevant à bout de bras, le souvenir minéral de toutes ces âmes, nous pourrions subodorer que notre "mère nature" en complicité avec notre "père lachaise" se bat continuellement pour lutter contre l'oubli...




Nul besoin de longs discours commémoratifs, la tendresse et la complicité qui unissent entre les murs de l'enclos le minéral et le végétal, redonnent vie à des milliers d'âmes et d'arbres tous les jours et à jamais...!

vendredi 27 février 2009

Cartes postales

Voici deux cartes postales que Ferdinand, un ami photographe, a réalisées à partir de ses photos du père lachaise.

Je vous laisse apprécier...




jeudi 26 février 2009

Douce anesthésie

L'an dernier, j'ai du subir une anesthésie générale. Alors que j'étais allongée dans le bloc opératoire, une gentille femme antillaise s'est approchée de moi :
_"N'ayez pas peur, tout va bien se passer. Pour vous détendre, pensez à un endroit où vous vous sentez bien."

J'acquiesse de la tête et plonge mon imagination dans les hauteurs du père lachaise...Je suis assise sur mon promontoire favori, il est baigné de soleil et de poésie, un doux air de romantisme plane autour de moi...je suis en train d'écrire...je me sens bien...



_"Vous avez l'air drôlement détendue, je suis sûre que vous êtes sous les cocotiers!"
_"Non", lui ai-je répondu, "Je suis au père lachaise."
_"Oh, ma petite mademoiselle, il ne faut pas penser des choses comme ça! Vous verrez, tout va bien se passer"

Je me suis endormie sur ces mots et, quelques heures plus tard, je fus reveillée tout doucement par le mélodieux chant des oiseaux qui rythmaient mes pas dans le merveileux chemin Talma...




Je repense souvent à cette anecdote avec beaucoup de tendresse et d'amusement, et je sais que je ne troquerais en aucun cas mon si bel enclos contre une ile déserte sous les cocotiers!

mardi 24 février 2009

En hiver

Il m'a fallu des années avant d'oser arpenter le père lachaise en plein hiver! J'ai longtemps redouté le fait de ne pas m'y sentir protégée par sa si rassurante végétation. J'appréhendais le froid, la pluie, le vent et la nudité des arbres.
Puis, petit à petit, je suis parvenue à vaincre mes appréhensions et à découvrir un autre père lachaise...



Un univers finalement assez irréel où les allées désertes s'étendent à l'infini...


Une ambiance mystérieuse, presque énigmatique...




Une atmosphère minérale où la pierre, quasi omniprésente, s'offre à nous, tantôt nue, tantôt blottie dans des draps de mousse...


























Des allées de grands arbres aux bras tentaculaires qui, transits de froid, semblent chercher à tirer sur eux la douce couverture céleste...



Mais, ces paysages d'un père lachaise nu et souvent gris n'ont,au fil du temps, titillé, ni vraiment mon inspiration, ni vraiment mes sens.
Je reconnais toutefois à la période hivernale des qualités certaines et toutes subjectives!
Tout d'abord, la terre gelée, privée de sa luxuriante végétation offre une plus belle lisibilité des racines de ses arbres...



D'autre part, la froide grisaille freine de manière significative les giclées touristiques ; ce qui me permet, tout à fait égoïstement, de jouir parfois d'un père lachaise tout à moi...



Je me dois malgré tout de confesser que, dès la fin du mois de février, j' accoure dans mon bel enclos afin d'être la témoin privilégiée des premiers bourgeons...



Et déjà...je rêve du printemps...






lundi 23 février 2009

Le saviez-vous?






L'escalade en poussette dans les escaliers du père lachaise est plutôt déconseillée!




"Etonnant non?"

vendredi 20 février 2009

Photo "coup de coeur"




J'aime tout particulièrement cette vue car c' est la première photo que j'ai prise au père lachaise. Je me souviens, c'était au mois de juin 2003. C'était surtout la première fois que je m'aventurais hors des sentiers battus en plein cœur de la 28ème division. Je fus éblouie par la poésie du paysage merveilleux que m'offrait ce bel enclos. C'était tout simplement féérique! J'étais transportée...
Comme je l'ai déjà évoqué, la 28ème division a bien changé depuis, et même si, chaque mois de juin, je me poste au même endroit, je n'ai plus jamais retrouvé ce paysage.
C'est pourquoi je ressens une émotion certaine et une douce nostalgie à vous faire partager ce cliché d'un père lachaise disparu...